Alicia Delambre

rédactrice web, conceptrice rédactrice

Chronique 2 : L’avant tout

Tout ça, c’est si loin.

Je me souviens quand l’on disait « Désolés, nous n’avons pas encore choisi. On bavardait ». La barmaid à l’époque avait un job.

Aujourd’hui, les bars me manquent, les restaurants aussi me manquent, les meetings me manquent, les piscines me manquent, les rencontres et les voyages, eux aussi, ils me manquent.

Hier, je me promenais à vélo, et je me suis rendu compte que tout ça me manquait beaucoup plus que je l’avais imaginé.

Je ne vis pas seule, mais pourtant je me sens seule. Loin, de tout et de tous. Solidaire de base, c’est le comble, les gens me manquent.

Hier, alors, avant de quitter mon chez moi et de prendre mon vélo. J’ai hésité. J’étais bien dans mon cocon. Je ne voulais pas changer de tenue, enfiler mon manteau d’hiver, défaire mes chaussons, traverser la ville, connaître le froid, allez là où il y a du monde, et peut-être vous savez qui.

Je ne voulais plus quitter mon chez moi. Ça y est : je devenais un hermite.

Comme si, tout d’un coup, rester bloquer entre quatre murs ce n’était pas si mal. Je m’y suis habituée. Quelle triste réalité !

Avant, je respirais l’air extérieur tous les jours, la course à pied c’était trois fois par semaine, je me donnais des prétextes pour aller marcher en ville, parfois la nuit – oui, j’ai toujours adoré les balades nocturnes – et revenir deux heures plus tard. Maintenant, je ne le fais plus. Je me dis à quoi bon, il n’y a rien à faire, et plus il fait moche.

Alors, je reste chez moi, et j’attends. J’attends que l’on m’autorise à bouger, à voyager, à courir en salle, à rire devant des inconnus, à danser dans des festivales, à boire des coups, à chanter dans la rue, à faire du stop.

À ce moment-là, sur mon vélo, en train de pédaler, je me suis dit que ma vie était en pause depuis mars 2020. Que maintenant tous mes plans sont choisis en fonction des contaminations au Covid-19. Que je m’oublie, que je reste là, et que j’attends.

Alors, sur mon vélo, je me suis rendu compte que ça n’allait peut-être pas aussi bien, que peut-être c’était une période cafardeuse, mais dans le doute, je devais faire quelque chose.

J’ai décidé de donner un coup de neuf à mes balades, plus nocturnes – couvre-feu oblige – mais toujours aussi longues, d’une ou deux heures.

On peut vite se laisser entraîner dans un cycle. Un cycle qui paraît confortable au début, mais qui ne nous correspond pas. Par une envie de simplicité, attirée par la nouveauté, et mélangée à une grosse partie de déni, on s’oublie vite, trop vite, on prend des micros décisions, parfois à contre cœur. Ces décisions, elles sont vites oubliées, comme nous. On s’oublie.

Alicia

Bonjour ! Moi c'est Alicia, je suis rédactrice web et copywriter. Co-fondatrice d'un site de randonnée, Nous Randonnons, j'y partage mes récits et aventures à travers la France. Via instagram, j'anime également des réflexions sur la vie, sur nos envies et sur la sociétés.

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